L’Observatoire Data & IA, porté par Colombus Consulting, Oracle et la HEG-Genève, donne un panorama du paysage suisse, des pratiques et frein sur la transformation data & IA.

Observatoire Data & IA en Suisse — 2025

Observatoire · Suisse · Édition 2025

Data & Intelligence
Artificielle

Mesurer l’accélération — de l’expérimentation à l’industrialisation responsable. Synthèse des grandes tendances de la transformation IA des entreprises suisses.

Oracle Colombus Consulting HEG Genève

Déploiements à l’échelle

52%

↑ +31 pts vs 2024

Dirigeants « bons à très bons » en IA

62%

↑ +25 pts vs 2024

Maturité faible ou intermédiaire

70%

↓ −21 pts vs 2024

IA intégrée au plan stratégique

35%

↑ +2 pts vs 2024

Qualité données « bonne à excellente »

62%

↑ +14 pts vs 2024

ROI « basique ou inexistant »

58%

↓ −16 pts vs 2024

Compréhension IA des dirigeants

Bons à très bons
62% ← 37%
Connaissance basique
27% ← 50%

Phase des initiatives IA

Déploiements à l’échelle
52% ← 21%
Pilotes / POC
39% ← 67%

Ce qui a vraiment changé en un an

Entre 2024 et 2025, trois dynamiques structurelles redessinent le paysage de l’IA en Suisse.

Industrialisation accélérée

Les déploiements à l’échelle atteignent 52 %, tandis que les preuves de concept reculent à 39 % (−28 pts). Les stratégies IA sortent enfin du laboratoire pour s’ancrer dans les réalités opérationnelles.

Gouvernance élargie

Un projet IA est désormais évalué autant sur sa rentabilité que sur son empreinte éthique ou énergétique. 58 % jugent encore la mesure du ROI basique ou inexistante — contre 74 % en 2024, signe d’une amélioration notable.

Capacité humaine en mutation

La part de dirigeants « bons à très bons » sur l’IA bondit de 37 % à 62 %. Pourtant, 7 entreprises sur 10 identifient encore la culture et l’organisation comme premier frein.

« Une culture axée sur les données favorise l’expertise en IA : chaque progrès en maturité des données double presque la probabilité d’atteindre un haut niveau d’expertise. »

Ce qui bloque encore

Malgré l’accélération, quatre obstacles structurels persistent et conditionnent la réussite de la transformation.

1

Culture et organisation (70 %)

Chez les non-utilisateurs d’IA, les obstacles organisationnels freinent plus (65 %) que les limites techniques (30 %). La conduite du changement doit être la priorité absolue.

2

Mesure de la valeur encore insuffisante

58 % des entreprises ont une mesure du ROI IA « basique ou inexistante ». Les projets pilotent sur des indicateurs d’activité (nombre de modèles déployés) plutôt que d’impact métier réel.

3

Durabilité & souveraineté sous-adressées

72 % reconnaissent que les exigences en développement durable ne sont pas correctement adressées — en hausse de 5 pts vs 2024. Le « green AI » gagne du terrain mais reste sans cadre méthodologique normalisé.

4

Knowing-doing gap stratégique

74 % estiment que l’IA peut résoudre leurs principaux problèmes, mais seulement 35 % l’intègrent dans leur plan stratégique — un écart de 39 points révélateur d’un mur organisationnel persistant.

De l’effervescence à l’adoption opérationnelle

En un an, l’IA générative a franchi un cap décisif, passant du pilote à la production à grande échelle.

Déployée « à l’échelle »

52%

↑ depuis 21% en 2024

Voient une transformation profonde de leur emploi

35%

↑ depuis 19% en 2024

Usages orientés client / marketing / SAV

42%

↓ depuis 51% — diffusion vers les fonctions support

L’IA dans chaque métier

Sélection des principaux cas d’usage identifiés en 2024 et 2025, par discipline.

DisciplineCas d’usage représentatifs
FinanceSynthèse de volumes de données, détection d’anomalies et de fraudes, catégorisation fournisseurs, remises dynamiques, classification des dépenses.
RHRéférentiels de compétences, parcours de formation personnalisés, automatisation du recrutement. Nouveau 2025 : rédaction et diffusion d’offres d’emploi via IA générative.
OpérationsContrôle qualité par analyse d’images, prédiction des pannes et des délais, planification des ressources, prévision offre/demande.
DSI / ITAssistance à la génération de code, classification des demandes IT, documentation des processus, pilotage des plans de charge helpdesk.
Relation clientAssistants digitaux automatisés, vue 360° client, Next Best Action/Offer, synthèses de rendez-vous, prédiction des opportunités. Nouveau 2025 : agents IA sur le service client (ex. Wiley).
JuridiqueRecherche jurisprudentielle, synthèse contractuelle, estimation du succès de litiges, surveillance des réglementations mondiales.
LogistiqueNouveau 2025 : détection temps réel de défauts sur pièces (Innodura), optimisation du transport par modèles IA (CMA CGM).
MédiasNouveau 2025 : protection des droits d’auteur et monétisation des archives (Le Monde, AFP × Mistral AI ; Time, Fortune × Perplexity AI).

Trois leviers décisifs pour 2025–2026

Les entreprises qui passeront à l’échelle durablement partagent un même schéma directeur articulé autour de ces trois axes.

01

Vision stratégique explicite

Relier chaque cas d’usage IA aux objectifs de croissance, de rentabilité et de RSE. Sponsor exécutif unique (CEO/CFO) + mandat P&L pour le CDAO, pas de simple conformité.

02

Organisation consolidée

Plateformes interopérables, pratiques MLOps robustes, gouvernance partagée entre métiers, IT et conformité. Instaurer des comités de valeur mensuels croisant KPI opérationnels et métriques business.

03

Acculturation systématique

« Champions IA » au cœur de chaque département. Plus de 60 % des enveloppes dédiées à la formation au prompting, à la refonte des processus et à la communication interne.

« La course n’est plus à la preuve de concept ; elle est à l’industrialisation responsable. Ceux qui réussiront feront dialoguer vision stratégique, excellence opérationnelle et conscience sociétale pour transformer le potentiel de l’IA en avantage compétitif durable. »

Catégories : Edition 2025